Dans cet article
- Ce qu’est réellement un PTPD
- Qui est admissible : les conditions de base
- Exigence linguistique : les niveaux NCLC et le problème du téléversement
- Domaine d’études : qui est concerné, et le gel de 2026
- Combien de temps dure votre PTPD — et la règle du passeport
- Délais de traitement et travail pendant l’attente
- Si votre demande de PTPD est refusée
- Le lien avec le Québec : PEQ et CSQ
- Exemples de cas réels
- Liste de vérification des documents pour le PTPD
- Foire aux questions
Le permis de travail postdiplôme (PTPD) permet aux diplômés internationaux admissibles de travailler pour presque n’importe quel employeur au Canada après la fin de leurs études, généralement pour une durée égale à celle de leur programme, jusqu’à un maximum de trois ans. En 2026, les exigences du PTPD elles-mêmes — durée du programme, langue et domaine d’études — restent en grande partie ce qu’elles étaient après les changements majeurs de 2024-2025. Ce qui a changé, c’est la façon dont ces règles sont appliquées : une part des refus tient maintenant davantage au montage du dossier qu’à l’admissibilité elle-même.
Bonne nouvelle avant de commencer : IRCC a gelé la liste des domaines d’études admissibles au PTPD pour toute l’année 2026. Combiné à la règle des deux dates de dépôt expliquée plus loin, ce gel peut jouer en votre faveur si votre diplôme est visé par le critère de domaine d’études — diplôme (DEC) ou attestation (AEC) d’études collégiales, ou certificat ou diplôme universitaire ne menant pas à un grade — et que son code de programme a changé de statut lors d’une mise à jour antérieure.
Ce guide explique qui est admissible, combien de temps dure un PTPD, à quoi s’attendre pendant l’attente, et quelles sont vos options en cas de refus. Il reflète les règles fédérales d’IRCC; lorsque des programmes québécois s’appliquent, nous le précisons séparément, puisque l’immigration au Québec relève à la fois d’IRCC et du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) du Québec.

Ce qu’est réellement un PTPD
Le PTPD est un permis de travail ouvert — vous n’êtes lié à aucun employeur ni à aucun poste en particulier — délivré aux diplômés admissibles d’un établissement d’enseignement désigné (EED) reconnu pour le PTPD au Canada. Les EED ne sont pas tous admissibles : vérifier le statut de votre établissement dans la liste d’IRCC est la toute première chose à faire. Ce permis sert de pont entre la fin des études et l’acquisition d’une expérience de travail canadienne, ce qui peut ensuite appuyer une demande de résidence permanente.
Le permis comporte une limite stricte qui surprend bien des gens : vous ne pouvez généralement recevoir qu’un seul PTPD dans toute votre vie. Comme le formule IRCC : « Vous n’êtes pas admissible à un PTPD si vous avez […] déjà reçu un PTPD ». Si vous en avez déjà obtenu un pour un programme antérieur, un second diplôme ne vous rend généralement pas admissible à un nouveau PTPD.
Qui est admissible : les conditions de base
Avant même que la langue ou le domaine d’études n’entrent en jeu, une demande de PTPD doit généralement répondre aux conditions de base suivantes :
- Votre programme durait au moins 8 mois (ou 900 heures pour les programmes québécois admissibles) dans un EED reconnu pour le PTPD.
- Vous avez étudié à temps plein durant chaque session, les études à temps partiel n’étant permises que pour votre dernière session.
- Vous présentez votre demande dans les 180 jours suivant la confirmation officielle de la fin de votre programme.
- Vous déteniez une autorisation d’études à un moment donné pendant cette fenêtre de 180 jours — c’est la formulation qu’utilise IRCC dans ses propres instructions d’exécution du programme. Le statut maintenu ne remplace pas le permis : IRCC indique à ses agents que la personne qui a seulement demandé la prolongation de son permis d’études, et qui étudie en vertu de l’article 189 du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR), doit attendre la délivrance du nouveau permis avant de présenter sa demande depuis le Canada.
- Vous présentez votre demande depuis l’intérieur du Canada ou de l’étranger — et si vous la déposez depuis le Canada, vous devez vous y trouver au moment du dépôt.
Manquer la fenêtre de 180 jours, passer à temps partiel avant votre dernière session, ou perdre votre statut d’étudiant sans utiliser la fenêtre de rétablissement de 90 jours expliquée ci-dessous entraîne généralement la perte de l’admissibilité au PTPD. IRCC publie bel et bien une série de cas spéciaux — programmes accélérés, transferts entre établissements, congé autorisé pouvant aller jusqu’à 150 jours approuvé par votre établissement — mais chacun est étroit et exige ses propres preuves.
Si votre permis d’études expire avant que vous présentiez votre demande. Perdre son statut d’étudiant ne met pas automatiquement fin à vos chances d’obtenir un PTPD, mais la marche à suivre change. Les instructions d’IRCC sont claires : si vous n’êtes pas passé au statut de visiteur et que votre permis d’études expire, vous avez jusqu’à 90 jours après son expiration pour présenter une demande de PTPD et rétablir votre statut d’étudiant. Tout se fait dans une seule demande, les frais de rétablissement étant payés séparément, sans demande distincte.
Cette voie comporte deux risques : vous n’êtes pas autorisé à travailler avant l’approbation du permis, et si les 90 jours s’écoulent sans demande, vous devez quitter le Canada.

Exigence linguistique : les niveaux NCLC et le problème du téléversement
Depuis le 1er novembre 2024, la plupart des demandeurs de PTPD doivent fournir un résultat valide de test linguistique — l’exception étant les personnes ayant déposé la demande de PTPD elle-même avant cette date, peu importe la date de leur permis d’études (un groupe en est exempté d’office — voir le dernier point). Le niveau exigé dépend du diplôme :
- Les titulaires d’un baccalauréat, d’une maîtrise ou d’un doctorat — un grade, obtenu à l’université ou dans un collège ou une polytechnique qui décerne des grades — doivent atteindre le NCLC 7 dans les 4 domaines linguistiques (compréhension de l’écrit, expression écrite, compréhension de l’oral, expression orale); aucun critère de domaine d’études ne s’applique à eux.
- Les diplômés de tout autre programme universitaire — un certificat ou un diplôme universitaire qui n’est pas un grade — doivent eux aussi atteindre le NCLC 7, mais le critère relatif au domaine d’études peut s’appliquer. C’est la catégorie qu’on oublie le plus souvent.
- Les diplômés de tout autre programme collégial, polytechnique ou non universitaire doivent atteindre le NCLC 5 dans les 4 domaines linguistiques, et le critère relatif au domaine d’études peut s’appliquer.
- Les diplômés d’une école de pilotage admissible au PTPD n’ont ni critère linguistique ni critère de domaine d’études.
Les NCLC — Niveaux de compétence linguistique canadiens — sont l’échelle qu’utilise IRCC pour convertir votre résultat brut de test en niveau.
Une nuance passe facilement inaperçue. Depuis le 11 mars 2025, les diplômés de programmes non universitaires menant à un grade — un baccalauréat obtenu dans un collège ou une polytechnique, par exemple — sont évalués selon les mêmes règles de langue et de domaine d’études que les diplômés universitaires. Les diplômés de programmes collégiaux menant à un diplôme ou à une attestation restent dans la catégorie NCLC 5 et peuvent toujours être visés par l’exigence relative au domaine d’études.
Les tests acceptés sont le CELPIP General, l’IELTS General Training, le PTE Core, le TEF Canada et le TCF Canada. Vos résultats doivent dater de moins de 2 ans le jour du dépôt : un test passé trois ans plus tôt pour l’admission ne portera pas la demande.
Voici l’élément qui compte le plus en pratique. Le portail construit une liste de contrôle personnalisée à partir d’un questionnaire, et sur cette liste le résultat linguistique est marqué comme facultatif. Les instructions d’IRCC expliquent elles-mêmes ce que cette étiquette veut dire : « dans votre liste de contrôle des documents requis pour le PTPD, les résultats des tests linguistiques seront indiqués comme documents facultatifs. Vous devez joindre ces résultats à votre demande s’ils constituent une condition d’admission pour votre programme d’études. »
Autrement dit : si votre diplôme entre dans l’une des catégories ci-dessus, le résultat de test est obligatoire — « facultatif » décrit le champ du formulaire, pas la règle.
Un second piège, distinct, se trouve juste à côté. La preuve que vous êtes diplômé d’un domaine d’études admissible ne figure pas du tout sur la liste de contrôle — « en raison des limites du système », écrit IRCC — et doit être téléversée dans la section « Renseignements du client », qui ne conserve que le fichier le plus récent. Un deuxième téléversement au même endroit efface le premier.
Le coût de cet étiquetage est mesurable, et il augmente. Sur les plus de 302 000 demandes de PTPD déposées entre le 1er novembre 2024 et le 31 décembre 2025, 945 ont été refusées pour des motifs liés à la langue — des chiffres fournis par le cabinet du ministre de l’Immigration à Global News en mai 2026, qui rapportait aussi que près de 80 % de ces refus sont survenus au cours des six derniers mois de 2025. Le même cabinet indiquait qu’un champ distinct pour les résultats linguistiques est en cours de développement pour le site des permis de travail, dans le cadre de changements informatiques plus larges à IRCC.
En attendant, lire la liste de contrôle comme des instructions plutôt que comme une liste d’épicerie — et vérifier ce qui se trouve réellement dans chaque emplacement avant de présenter la demande — reste l’un des moyens les plus simples d’éviter un refus qui n’a rien à voir avec votre compétence linguistique.
Domaine d’études : qui est concerné, et le gel de 2026
L’exigence relative au domaine d’études fonctionne différemment selon le niveau de votre diplôme :
- Les diplômés de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat en sont exemptés — y compris les diplômés de grade obtenu dans un collège ou une polytechnique, depuis le changement de mars 2025. Cette règle ne s’applique tout simplement pas à vous.
- Les diplômés d’un certificat ou d’un diplôme universitaire ne menant pas à un grade peuvent être concernés — le NCLC 7 exigé en langue ne les dispense pas de cette règle.
- Les diplômés de programmes collégiaux menant à un diplôme ou à une attestation peuvent être concernés, selon que le code de classification de votre programme figure ou non sur la liste des domaines admissibles d’IRCC.
L’admissibilité est déterminée par les codes de la CPE (Classification des programmes d’enseignement, CPE Canada 2021). IRCC a révisé la liste à deux reprises en 2025, et l’ordre des opérations compte. Le 25 juin, il a posé les deux gestes d’un seul coup : ajouter 119 nouveaux domaines — surtout en soins de santé et services sociaux, en éducation et dans les métiers — et en retirer 178 qui n’étaient plus liés à des pénuries de main-d’œuvre à long terme, ce qui laissait, selon ses propres mots, « 920 domaines d’études admissibles au PTPD ».
Le 4 juillet, il a annulé les retraits et remis ces 178 domaines sur la liste. Rien n’a bougé depuis : la page porte toujours la mention « Dernière mise à jour : 4 juillet 2025 » et compte environ 1 100 codes de la CPE admissibles.
IRCC a été clair : « Pour 2026, nous n’ajouterons et ne retirerons aucun domaine d’études à la liste des domaines admissibles. » Cette stabilité compte en raison d’une règle connexe : votre code de la CPE doit figurer sur la liste soit au moment où vous avez déposé votre demande de permis d’études, soit au moment où vous déposez votre demande de PTPD — l’une ou l’autre suffit. On ne le compare pas uniquement à la liste du jour. Un code admissible au moment du dépôt de votre permis d’études vous est donc encore favorable, même s’il a depuis été retiré.
Quel que soit votre diplôme, le critère de domaine d’études tombe aussi si votre demande de permis d’études — ou la demande de PTPD elle-même — a été déposée avant le 1er novembre 2024, ou si vous êtes diplômé d’une école de pilotage admissible au PTPD.
Attention à la date qui commande chaque exemption : du côté du domaine d’études, c’est normalement la date de la demande de permis d’études, alors que l’exigence linguistique se rattache à la date de dépôt de la demande de PTPD. Savoir si votre code figure sur la liste relève d’une autre question, celle des deux dates de dépôt expliquée plus haut. Une demande de permis d’études déposée avant novembre 2024 ne vous dispense donc pas du test linguistique.
| Facteur | Programmes menant à un grade (universitaire ou collégial) | Diplômes et attestations collégiaux |
| Exigence linguistique | NCLC 7, 4 domaines linguistiques | NCLC 5, 4 domaines linguistiques |
| Exigence relative au domaine d’études | Non applicable — exemption | Peut s’appliquer, selon le code de la CPE du programme |
| Liste à laquelle votre code est comparé | Non applicable | La liste telle qu’elle était à l’une ou l’autre des deux dates de dépôt — permis d’études ou PTPD |
Les certificats et diplômes universitaires qui ne mènent pas à un grade se situent entre les deux colonnes : NCLC 7 comme pour un grade, mais le critère relatif au domaine d’études peut tout de même s’appliquer.
Combien de temps dure votre PTPD — et la règle du passeport
La durée du permis est liée à la durée de votre programme, avec une exception notable :
- Les programmes de 8 mois à moins de 2 ans donnent généralement droit à un PTPD d’une durée égale à celle du programme.
- Les programmes de 2 ans ou plus — ou les programmes québécois de formation professionnelle de 1 800 heures ou plus — donnent généralement droit à un PTPD pouvant aller jusqu’à 3 ans.
- Pour les demandes reçues le 15 février 2024 ou après, un programme de maîtrise menant à un grade d’au moins 8 mois donne droit à un PTPD de 3 ans, même s’il durait moins de 2 ans. Les certificats et les diplômes de deuxième cycle en sont expressément exclus — une nuance qui piège ceux qui présument que tout titre de cycle supérieur compte.
Une règle prend au dépourvu les diplômés qui n’en tiennent pas compte à l’avance : IRCC ne délivre généralement pas un PTPD dont la validité dépasse celle de votre passeport. Si votre passeport expire avant la fin de la durée complète à laquelle vous avez droit, IRCC délivrera habituellement un permis valide seulement jusqu’à cette date d’expiration. Une fois votre passeport renouvelé, vous pouvez généralement soumettre une demande papier pour prolonger votre PTPD jusqu’à la durée à laquelle vous étiez initialement admissible.

Délais de traitement et travail pendant l’attente
IRCC ne publie pas de norme de service propre aux demandes de PTPD — son outil en ligne les range dans la catégorie plus large des permis de travail, et les données sont mises à jour chaque semaine. La norme de service publiée par IRCC est de 120 jours — environ quatre mois — pour les prolongations de permis de travail présentées depuis le Canada, soit la catégorie dans laquelle tombe un PTPD déposé au Canada; le Ministère vise à la respecter dans 80 % des cas. Les demandes présentées de l’étranger relèvent d’une norme distincte de 60 jours.
Il s’agit d’une cible, non d’une promesse, et les délais réels fluctuent tout au long de l’année — consultez donc l’outil des délais de traitement d’IRCC à l’approche de votre propre date de dépôt. Si vous renouvelez plus tard un permis de travail, IRCC recommande de présenter la demande au moins 30 jours civils avant son expiration. C’est un délai distinct de celui du PTPD, qui suit sa propre fenêtre de 180 jours.
Pendant que votre demande de PTPD est en traitement, bien des demandeurs peuvent continuer à travailler — mais seulement si le permis d’études était encore valide, non expiré, le jour du dépôt. Lorsque le système d’IRCC le confirme, il envoie la lettre d’autorisation de travail provisoire PT-PROL (IMM 0127 F), valide 180 jours à compter de sa réception. IRCC ajoute que le travail peut se poursuivre au-delà : « Vous pouvez travailler jusqu’à ce que nous prenions une décision à l’égard de votre demande de permis de travail, même si la période de validité est terminée. »
Ce droit ne découle pas de la lettre elle-même, mais de l’alinéa 186w) du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR), et il s’applique à condition que :
- votre permis d’études était valide au moment de la demande de PTPD;
- vous aviez déjà satisfait à toutes les exigences de votre programme à ce moment-là;
- vous aviez le droit de travailler hors campus sans permis de travail pendant vos études et n’avez pas travaillé plus d’heures que vous n’y aviez droit — actuellement 24 heures par semaine pendant une session d’études régulière, selon l’alinéa 186v) du RIPR.
Si votre demande est refusée, ce droit de travailler cesse le jour où le refus vous est notifié. Quitter le Canada, en revanche, n’y met pas fin : IRCC écrit noir sur blanc que « le fait de quitter le Canada et d’y revenir ne vous empêche pas de continuer à travailler à temps plein pendant que vous attendez ».
Le risque du voyage est ailleurs, dans le retour : il vous faut un visa de visiteur ou une AVE valide, l’agent des services frontaliers décide de l’admission, et si vous avez présenté votre demande depuis le Canada, IRCC ne vous délivrera pas de nouveau visa de visiteur en approuvant le permis — si le vôtre est expiré, vous devez en demander un nouveau séparément. Si c’est une AVE qu’il vous faut plutôt qu’un visa, IRCC vous la délivre à l’approbation.

Si votre demande de PTPD est refusée
Les refus découlent généralement d’un nombre restreint de causes : un dossier incomplet, un résultat de test linguistique manquant ou mal placé, un domaine d’études qui ne correspond pas à la liste admissible, une interruption du statut à temps plein, une fenêtre de 180 jours manquée, un établissement ou un programme non admissible au PTPD, ou un PTPD déjà obtenu par le passé.
La première étape habituelle consiste à demander les notes du SMGC (Système mondial de gestion des cas) — les notes internes de l’agent sur le dossier, obtenues au moyen d’une demande d’accès à l’information. Elles montrent ce que l’agent avait réellement sous les yeux, ce qui permet de déterminer si la meilleure réponse est une demande de réexamen, une nouvelle demande plus solide, ou un contrôle judiciaire.
Leur obtention prend aussi plusieurs semaines, soit plus longtemps que le délai de contrôle judiciaire présenté ci-dessous. Lorsque le contrôle judiciaire est une option réaliste, la demande d’autorisation est donc normalement déposée en premier, et les notes sont examinées par la suite.
Il n’existe aucun processus d’appel administratif formel en cas de refus d’un PTPD. Selon votre situation, les recours généralement disponibles sont :
- Demande de réexamen — une demande discrétionnaire adressée au même bureau pour qu’il révise le dossier; l’agent décide s’il rouvre ou non le dossier.
- Une nouvelle demande, présentée avec des preuves supplémentaires ou corrigées.
- Contrôle judiciaire devant la Cour fédérale, qui examine si la décision était raisonnable et si l’équité procédurale a été respectée — il ne s’agit pas d’un nouvel examen du dossier sur le fond.
Le contrôle judiciaire est soumis à des délais courts, prévus au paragraphe 72(2) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) : généralement 15 jours lorsque la décision contestée a été rendue au Canada, et 60 jours lorsqu’elle a été rendue à l’extérieur du Canada. Il n’est pas toujours évident de savoir lequel des deux vise votre dossier; par prudence, présumez le délai le plus court. Le délai peut être prorogé par un juge de la Cour pour motifs valables, mais cela relève de son pouvoir discrétionnaire et ne doit pas faire partie de votre planification.
Ce qui préserve cette option, c’est le dépôt de la demande d’autorisation et de contrôle judiciaire dans le délai prescrit — le dossier complet est déposé par la suite, selon l’échéancier de la Cour. Notre guide connexe sur les refus de permis de travail au Canada détaille ces options plus en profondeur.
Le lien avec le Québec : PEQ et CSQ
Si vous avez étudié et prévoyez travailler au Québec, les programmes provinciaux fonctionnent en parallèle de votre statut fédéral de PTPD, sans s’y substituer. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a été temporairement rouvert pour deux ans, du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028, dans ses deux volets — Diplômés du Québec et Travailleurs étrangers temporaires. Une demande peut être reçue dans l’un ou l’autre volet, par le portail Arrima, uniquement du 2 juillet au 31 octobre 2026. Les deux ans, c’est la durée de la mesure; le dépôt, lui, se limite à ces quatre mois.
L’admissibilité à cette fenêtre est réservée aux personnes qui détenaient déjà un diplôme québécois admissible ou une expérience de travail pertinente en date du 19 novembre 2025. Les diplômes admissibles sont le baccalauréat, la maîtrise ou le doctorat, le DEC technique, ou le diplôme d’études professionnelles (DEP). Seule la voie du DEP comporte une condition d’heures : il doit totaliser au moins 1 800 heures, seul ou suivi d’une attestation de spécialisation professionnelle (ASP). L’ASP est facultative; les heures, non. Pour le détail complet de l’admissibilité, consultez notre guide sur la réouverture du PEQ en 2026.
Deux changements de 2026 comptent si vous étudiez encore, ou si un proche étudie — ils côtoient les règles du PTPD et se confondent facilement avec elles.
Le nombre de permis d’études demeure plafonné à l’échelle nationale, le Québec disposant de son propre contingent. Depuis le 1er janvier 2026, les étudiants de maîtrise et de doctorat dans les établissements publics sont exemptés de l’exigence fédérale de lettre d’attestation provinciale (LAP) ou territoriale (LAT), alors que les étudiants au baccalauréat en ont toujours besoin. Cette exemption fédérale ne change rien à la règle propre au Québec : un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) demeure exigé pour des études de plus de six mois au Québec, à tous les niveaux.
Revenons au PEQ : il mène à un Certificat de sélection du Québec (CSQ), une étape provinciale vers la résidence permanente. Les règles québécoises ne nomment jamais le PTPD, mais elles ne l’excluent pas non plus. Pour la réception de 2026, le volet Travailleurs étrangers temporaires demande au moins deux ans d’expérience de travail au Québec de catégorie FEER 0, 1, 2 ou 3 (les catégories de compétence de la Classification nationale des professions), en date du 19 novembre 2025 — la même date de référence que pour le volet Diplômés — ainsi que l’intention d’occuper au Québec un emploi hors des secteurs inadmissibles, dans une entreprise que vous ne contrôlez pas.
Le travail effectué sous un PTPD peut compter dans cette expérience. Ce qui bloque le plus souvent les titulaires d’un PTPD, c’est l’autre condition : les deux volets exigent le français oral de niveau 7 ou plus sur l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français — et le volet Diplômés du Québec ajoute le français écrit de niveau 5 ou plus. Cette échelle est distincte des NCLC utilisés par IRCC et ne mesure que le français : un NCLC 7 obtenu en anglais, suffisant pour votre PTPD, ne vaut rien pour le PEQ. Vérifiez d’abord ce point, puis validez votre situation auprès d’un avocat en immigration plutôt que de présumer que l’un mène automatiquement à l’autre.
Exemples de cas réels
Une diplômée universitaire de Montréal a présenté sa demande de PTPD avec un résultat IELTS General Training nettement supérieur au NCLC 7. Sa liste de contrôle indiquait le résultat linguistique comme document facultatif; elle a donc laissé cette ligne vide et joint son rapport de test dans la section « Renseignements du client » — un emplacement qui ne conserve que le téléversement le plus récent, et qu’elle avait déjà utilisé pour un autre document. Sa demande a été refusée pour absence de preuve linguistique; les notes de l’agent indiquaient qu’aucun résultat de test linguistique n’avait été trouvé au dossier.
Son avocat a déposé une demande de réexamen accompagnée d’un index clair indiquant exactement ce qui avait été soumis, et où. Le permis a par la suite été délivré.
Un diplômé collégial avait déposé sa demande de permis d’études au printemps 2025 — après le 1er novembre 2024, donc le critère de domaine d’études s’appliquait bel et bien à lui, mais avant la révision de la liste en juin de la même année. Le code de la CPE de son programme ne figurait pas sur la liste le jour où il a déposé cette demande. Il a été ajouté le 25 juin 2025, parmi les 119 nouveaux domaines, et il y figurait toujours au moment de sa demande de PTPD en 2026 — comme l’une ou l’autre des deux dates peut servir, c’est cette seconde date qui a rendu son programme admissible.
Des résultats comme ceux-ci dépendent entièrement des faits, des documents et du calendrier propres à chaque dossier, et ne constituent pas une prédiction de ce qui se passera dans le vôtre.
Liste de vérification des documents pour le PTPD
Nécessaires dans pratiquement tous les dossiers :
- Le formulaire de demande de permis de travail indiqué par votre liste de contrôle personnalisée — IMM 5710 depuis le Canada, IMM 1295 de l’étranger; le guide 5580 d’IRCC explique la demande présentée au Canada, le guide 5487 celle présentée de l’étranger
- La preuve de paiement — 155 $ CA pour le permis de travail et 100 $ CA pour le titulaire d’un permis de travail ouvert, soit 255 $ CA au total, plus 85 $ CA pour les données biométriques si on vous les demande
- Lettre confirmant la réussite de votre programme (ou relevé de notes officiel attestant la fin du programme) de votre EED
- Un passeport valide, dont la période de validité restante couvre la durée prévue du permis — ou un plan pour le renouveler avant de présenter la demande
- Une preuve que vous déteniez une autorisation d’études à un moment donné pendant votre fenêtre de 180 jours
- Une copie de votre permis d’études actuel ou le plus récent
- Votre résultat de test linguistique provenant d’un test accepté — téléversé dans le bon champ et vérifié deux fois avant l’envoi
- Des relevés de notes officiels démontrant une inscription à temps plein à chaque session (temps partiel seulement à la dernière session, le cas échéant)
- Une preuve de la durée du programme — 8 mois ou plus, ou 900 heures pour les programmes québécois admissibles — dans un EED reconnu pour le PTPD
Selon votre situation :
- Les pièces attestant le code de la CPE de votre programme et son statut sur la liste admissible — diplômés collégiaux (diplôme ou attestation) seulement; les diplômés de grade en sont exemptés
- Si votre permis d’études a expiré avant le dépôt, le reçu des frais de rétablissement (la règle des 90 jours est expliquée plus haut)
- Si vous avez étudié dans certaines écoles du Québec : une lettre officielle de l’école confirmant à la fois la durée du programme et son code de programme, accompagnée soit de votre diplôme, soit d’un relevé de notes officiel du centre de services scolaire (ou de la commission scolaire) ou de l’école privée reconnue
- Des traductions certifiées de tout document qui n’est pas délivré en anglais ou en français
- Des pièces justificatives attestant toute interruption des études à temps plein — une pause prévue ou un congé autorisé
Foire aux questions
1. Ai-je besoin d’un test linguistique pour présenter une demande de PTPD en 2026?
Oui, dans presque tous les cas. Les exceptions : les demandes de PTPD déposées avant le 1er novembre 2024 et les diplômés d’une école de pilotage admissible au PTPD. Les titulaires d’un grade ont généralement besoin d’un NCLC 7 dans les 4 domaines linguistiques; les diplômés d’un autre programme universitaire aussi, et le critère de domaine d’études peut en plus s’appliquer à eux. Les diplômés collégiaux et non universitaires ont généralement besoin d’un NCLC 5. L’un ou l’autre des cinq tests acceptés convient, et le résultat doit dater de moins de 2 ans au moment du dépôt.
2. Combien de temps prend le traitement d’un PTPD en 2026?
Il n’existe pas de norme de service propre au PTPD — il se trouve dans la catégorie générale des permis de travail, où la cible d’IRCC est de 120 jours pour 80 % des prolongations de permis de travail présentées depuis le Canada. Consultez l’outil des délais de traitement à l’approche de votre date de dépôt plutôt que de vous fier à un chiffre fixe, et présentez votre demande au moins 30 jours avant l’expiration de tout permis actuel.
3. Puis-je continuer à travailler pendant le traitement de ma demande de PTPD?
Bien des demandeurs le peuvent, à condition que leur permis d’études ait encore été valide — non expiré — le jour du dépôt de la demande de PTPD. Le statut maintenu sur une demande de prolongation en traitement ne suffit pas. Une lettre d’autorisation de travail provisoire est habituellement délivrée en premier, et le travail à temps plein peut se poursuivre après son expiration pendant qu’une décision est en attente.
4. Puis-je voyager à l’extérieur du Canada pendant que ma demande de PTPD est en traitement?
Trois choses distinctes se confondent ici. Votre droit de travailler est préservé : si votre permis d’études était valide au moment du dépôt, IRCC précise que quitter le Canada et y revenir ne vous empêche pas de travailler à temps plein pendant l’attente.
Votre statut de résident temporaire, lui, est une autre affaire : la période de séjour qui vous a été autorisée prend fin le jour où vous quittez le pays. Le vrai risque, c’est le retour : vérifiez que votre visa de visiteur ou votre AVE est encore valide avant de réserver, car c’est l’agent des services frontaliers qui décide de l’admission dans tous les cas.
5. Que se passe-t-il si mon passeport expire avant la fin complète de la durée de mon PTPD?
Vous présentez, une fois le nouveau passeport en main, une demande papier pour prolonger le permis jusqu’à la durée à laquelle vous étiez initialement admissible. Deux détails pratiques aident : vous n’avez pas à fournir de nouveau une preuve de compétence linguistique lorsque la prolongation tient à l’expiration du passeport, et cette prolongation reste une demande à part entière, non un ajout automatique — le plus simple demeure donc de renouveler le passeport avant même de déposer la demande de PTPD.
6. Que se passe-t-il si ma demande de PTPD est refusée?
Votre droit de travailler cesse le jour où le refus vous est notifié. La plupart des demandeurs commencent par demander leurs notes du SMGC pour voir sur quoi l’agent s’est appuyé. Selon votre situation, les options peuvent inclure une demande de réexamen, le dépôt d’une nouvelle demande avec des preuves plus solides, ou une demande de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale dans les 15 jours (décision rendue au Canada) ou 60 jours (décision rendue à l’extérieur du Canada).
7. Mon conjoint peut-il obtenir un permis de travail ouvert pendant que ma demande de PTPD est en traitement?
En règle générale, pas pendant le traitement. IRCC lie le permis de travail ouvert du conjoint à l’approbation : si votre PTPD est approuvé, votre époux, épouse ou conjoint de fait peut être admissible, selon l’emploi que vous occupez une fois le permis délivré. Déposer les deux demandes en même temps est une erreur courante et coûteuse.
Cet article est fourni à des fins d’information générale et éducative seulement, et ne constitue pas un avis juridique. La lecture de cet article ne crée pas de relation avocat-client entre vous et Guzun et Associés Avocats. L’admissibilité au permis de travail postdiplôme dépend des règles et des pratiques de traitement d’IRCC, qui changent fréquemment, et les programmes propres au Québec sont régis séparément par le MIFI — votre propre échéancier, votre programme et votre documentation peuvent influencer considérablement l’issue de votre dossier. Pour des conseils adaptés à votre situation, consultez un avocat en immigration autorisé.
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